Guide fiscal · 34 jours

Fiscalité au Luxembourg pour un frontalier ou expatrié français : résidence, IR et règle des 34 jours

Le Luxembourg impose ses résidents fiscaux sur leurs revenus mondiaux selon un barème progressif dont le taux marginal supérieur avoisine 42 %, auquel s'ajoute un impôt de solidarité. On devient résident fiscal luxembourgeois en y établissant son domicile ou en y séjournant habituellement plus de six mois. Pour les nombreux salariés français qui travaillent au Luxembourg sans y résider, l'avenant à la convention franco-luxembourgeoise entré en vigueur le 1er janvier 2023 fixe une règle de tolérance : jusqu'à 34 jours de télétravail par an depuis la France, la rémunération reste intégralement imposable au Luxembourg ; au-delà, l'ensemble des jours télétravaillés sur l'année devient imposable en France dès le premier jour de dépassement. Le Luxembourg ne prélève pas d'impôt sur la fortune des personnes physiques.

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Fiscalité expatrié et frontalier au Luxembourg : deux statuts très différents

Le Luxembourg considère comme résident fiscal la personne qui y établit son domicile ou qui y séjourne habituellement, une présence de plus de six mois sur l'année constituant un indice fort de résidence.

La grande majorité des Français qui travaillent au Luxembourg n'y résident pas : ils conservent leur résidence fiscale en France et relèvent du statut de travailleur frontalier, dont l'imposition de la rémunération est régie par la convention fiscale franco-luxembourgeoise.

Un résident fiscal luxembourgeois est imposé sur ses revenus mondiaux ; un non-résident (frontalier) n'est imposé au Luxembourg que sur les revenus qui s'y rattachent, principalement son salaire d'activité.

Barème impôt 2026 au Luxembourg : tranches et classes d'impôt

Le résident fiscal luxembourgeois est soumis à un barème progressif dont le taux marginal supérieur avoisine 42 %, auquel s'ajoute une contribution au fonds pour l'emploi (« impôt de solidarité ») de quelques points de pourcentage.

L'impôt est calculé selon des classes d'impôt qui tiennent compte de la situation familiale (célibataire, marié, avec ou sans enfants), ce qui peut significativement modifier le taux effectif supporté par deux contribuables aux revenus identiques.

Le Luxembourg n'applique aucun impôt sur la fortune des personnes physiques depuis sa suppression en 2006 ; seules les sociétés restent soumises à un impôt sur la fortune des collectivités.

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La règle des 34 jours de télétravail pour les frontaliers

Depuis l'avenant à la convention fiscale franco-luxembourgeoise signé en novembre 2022 et entré en vigueur le 1er janvier 2023 (ratifié côté français en février 2025), un salarié frontalier résidant en France peut télétravailler jusqu'à 34 jours par an depuis son domicile français sans que sa rémunération cesse d'être intégralement imposable au Luxembourg.

Ce seuil s'apprécie par année civile : les jours de congé, de repos hebdomadaire, les jours fériés chômés ou les arrêts maladie ne sont pas comptabilisés dans le décompte, et une demi-journée de télétravail compte comme une journée entière.

En cas de dépassement du seuil, ce n'est pas seulement l'excédent qui devient imposable en France : l'ensemble des jours télétravaillés sur l'année devient imposable en France dès le premier jour de dépassement, ce qui impose un suivi rigoureux du nombre de jours télétravaillés.

Quitter la France pour le Luxembourg : convention et exit tax

Vous restez résident fiscal français si l'un des critères de l'article 4 B du CGI est rempli. Pour un frontalier qui continue de résider en France tout en travaillant au Luxembourg, la résidence fiscale française n'est pas affectée par l'activité professionnelle exercée outre-frontière.

Pour un départ effectif (résidence transférée au Luxembourg), la convention franco-luxembourgeoise du 20 mars 2018 (entrée en vigueur en 2019, qui a remplacé la convention de 1958) répartit le droit d'imposer selon les critères habituels de résidence fiscale.

Le transfert de domicile vers le Luxembourg peut déclencher l'exit tax de l'article 167 bis du CGI dans les mêmes conditions que pour tout autre État membre de l'Union européenne, avec sursis de paiement de plein droit.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre résident et frontalier au Luxembourg ?
Un résident fiscal luxembourgeois y a établi son domicile et y est imposé sur ses revenus mondiaux. Un frontalier réside en France, travaille au Luxembourg et n'y est imposé que sur son salaire d'activité, en application de la convention franco-luxembourgeoise.
Combien de jours de télétravail un frontalier peut-il faire depuis la France ?
Jusqu'à 34 jours par an, seuil fixé par l'avenant à la convention fiscale entré en vigueur le 1er janvier 2023. Au-delà, l'ensemble des jours télétravaillés sur l'année devient imposable en France, pas seulement l'excédent.
Le Luxembourg taxe-t-il la fortune des particuliers ?
Non, le Luxembourg a supprimé l'impôt sur la fortune des personnes physiques en 2006. Seules les sociétés restent soumises à un impôt sur la fortune des collectivités.
Le taux d'imposition dépend-il de ma situation familiale au Luxembourg ?
Oui : l'impôt sur le revenu luxembourgeois est calculé selon des classes d'impôt qui tiennent compte de la situation familiale (célibataire, marié, enfants à charge), ce qui peut modifier sensiblement le taux effectif applicable.
L'exit tax s'applique-t-elle à un départ vers le Luxembourg ?
Dans les mêmes conditions que pour tout autre État membre de l'Union européenne : si vous avez été résident fiscal français six des dix dernières années et détenez des titres dépassant les seuils de l'article 167 bis du CGI, avec sursis de paiement de plein droit.

Pour aller plus loin

Sources officielles

Points à vérifier

  • Le taux marginal de l'impôt sur le revenu et l'impôt de solidarité sont revus au gré des lois de finances luxembourgeoises : vérifiez le barème en vigueur pour l'année d'imposition concernée.
  • Le seuil de tolérance de télétravail a évolué à plusieurs reprises ces dernières années (auparavant fixé plus bas) : confirmez que 34 jours reste le seuil applicable pour l'année en cours, certaines sources non officielles évoquant des discussions pour le faire évoluer.
  • Les règles de décompte des jours (congés, maladie, jours fériés) sont précisées par l'administration fiscale luxembourgeoise et peuvent être ajustées : reportez-vous aux instructions officielles les plus récentes.

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